JO Londres 2012 – Paralympiques les 2 et 3 septembre 2012

Nous deux, Céline et Patrick, avons eu la joie de pouvoir aller assister aux Jeux Olympiques de Londres, session paralympique, les dimanche 2 et lundi 3 septembre 2012 et souhaitons partager cela avec vous.

Les mascottes

Commençons d’abord par un petit rappel de la participation de l’équipe française Handisport de tir à l’arc à ces JO.

Le vendredi  31 août, 2 archers compound open, Maurice CHAMPEY et Franck HAUDOIN,  se retrouvent en duel et c’est finalement M. CHAMPEY qui l’emporte par 7 manches à 1.

Il sera malheureusement ensuite battu par le slovaque Peter KASCAK.

Samedi 1er septembre 2012 : Brigitte DUBOC bat l’archère polonaise Grazyna WOJCIECHOWSKA par 6 manches à 2 puis elle est battue en 8° de finale par la chinoise Fangxia GAO.

Joël PERROT est battu par l’Américain Eric BENNETT (que nous verrons le lundi) par 6 manches à 5 et Alexandre LAVESNES est quant à lui vaincu par l’Ukrainien Roman CHAYKA.

Les huitièmes de finales auront donc été fatals à l’équipe française, mais celle-ci s’est quand même bien défendue. Félicitations !

Ainsi, lorsque nous débarquons à Londres le dimanche 2 septembre, nous savons d’ores et déjà qu’il n’y a plus de compatriotes en lice.

Lundi 3 septembre, départ de l’hôtel à 7h05 précises – pas de grasse matinée aujourd’hui car nous voulons pouvoir nous placer correctement dans les tribunes.

Depuis notre hôtel, nous trouverons facilement les «Royal Artillery Barracks » car tout est très bien indiqué, tant dans les transports en commun qu’au niveau des allées pédestres où nous croisons des volontaires, vêtus aux couleurs rouge et violet des J.O.2012, souriant et attentionnés, qui indiquent le chemin jusqu’au point de rencontre.

A quelques encablures du site olympique, nous croisons un premier indice : un immense arc en bronze de plusieurs mètres de haut. « Ah ! Super ! Patrick, sors l’appareil photo ! ». Clic-clac, c’est dans la boite.

Ensuite une bonne petite montée (il fait chaud d’un seul coup !) et nous voilà enfin arrivés.

Les contrôles de sécurité sont drastiques (pire que dans les aéroports) et Céline a bien failli devoir laisser sur place une bouteille de « perfume » achetée au duty free de la gare Eurostar à Paris Nord…. Grrrr. Les militaires ne veulent rien savoir : « Non, non, à la poubelle ! ». Bon, restons zen. Heureusement, un responsable trouvera une solution très simple et tout ira finalement très bien…Il a été très sympa et un grand merci à lui !

A notre arrivée sur site, vers 8h, les lieux sont presque déserts.

L’orchestre des fantassins brise le silence qui régnait alors.

Mais qui les a informés de notre venue ? Ah ? Ce n’est pas spécialement pour nous ? Dommage 😉

Nous profitons de notre avance (les épreuves ne débutent qu’à 10h) pour faire un petit repérage des lieux – tribunes, coin casse-croûte (le « sandwich olympique » est à un prix exorbitant – 6,50 livres environ, plus de 8€ – mais bon, on ne vient pas aux JO tous les jours !), coin ‘pipi-room’ – tout y est, c’est chouette.

Un p’tit tour au stand des pins et autres tee-shirts à l’effigie des Paralympiques 2012 pour des souvenirs supplémentaires, et hop ! Nous nous dirigeons vers les tribunes.

Même le soleil est de la partie et c’est tant mieux car on va ainsi pouvoir poser la veste et arborer – pas peu fiers – nos tee-shirts du Club des Archers de Carrières-sur-Seine.

Tout à côté du pas de tir olympique, nous découvrons une dizaine de cibles avec blasons de 80 permettant aux curieux de s’initier au tir. Nous souhaitions y aller dans l’après-midi – histoire de rigoler – mais il y avait une file d’attente infernale… ce qui prouve, s’il en est encore besoin, que le tir à l’arc n’est pas un sport ringard et sans intérêt.

Des bénévoles nous informent que nous pourrons aussi visiter le stand de tir (à armes à feu il s’entend), just at the opposite des tribunes pour le tir à l’arc. Super !

Et de fait, après avoir englouti notre casse-croûte et un tout petit-petit café (car les trois quart auront finalement – par pure inadvertance – arrosé le beau gazon londonien…), nous pourrons assister durant une petite demi-heure à la finale de tir pistolet à 25 mètres.


On en a pris plein les oreilles ! Chapeau aux tireurs qui parvenaient à s’occuper seuls de remplir et installer leur chargeur avec un seul bras. Ça nous épate !

Mais, plus tard, nous verrons  encore plus impressionnant avec certains archers plus lourdement handicapés.

Oui, les paralympiques, c’est vraiment une leçon de vie.

De cet homme (Eric BENNETT ), dépourvu de bras droit, qui s’est (enfin, on a du l’aider un peu 😉 confectionné un système de maintien d’arc placé sur son épaule lui permettant de soutenir son arc et de bander celui-ci, et que la décoche se fait par un système fiché dans sa bouche, à cet autre archer (Matt STUTZMAN), né sans bras, dont le pied droit devient le bras d’arc , ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres de ces sportifs qui, nous semble-t-il, sont les vrais dieux de l’Olympe.

Ainsi, au cours de ces demi-finales et finales (classique et poulies), qu’ils aient été Américains, Canadiens, Espagnols, Finlandais, Iraniens, Italiens, Malaisiens, Russes, Taïwanais, Tchèques, Turcs, qu’ils aient été dans un fauteuil roulant ou debout, avec leurs deux bras, un seul voire aucun, ils nous ont vraiment tous donné beaucoup de plaisir.

Ils étaient tous d’une humilité et d’une joie de vivre évidente.

Même le médaillé de bronze était heureux, même le non-médaillé jubilait d’avoir pu prendre place sur le pas de tir olympique (…tandis que quinze jours plus tôt, certains sportifs valides arboraient de façon ostentatoire leur plus belle moue parce qu’ils étaient « seulement » médaillés d’argent…).

A de nombreuses reprises nous avons pu voir ces tireurs marquer trois dix en une volée.

  Alors là, tu te sens vraiment tout petit, tout petit.

 

 

 

 

 

Sur le podium des archers paralympiques, l’émotion était à son comble lorsque, au moment des remises de médailles, les trois athlètes se réunissaient sur la marche de l’or, parfois en s’aidant l’un l’autre pour y parvenir. Ensemble, ils formaient comme une fratrie gagnante contre l’adversité de la maladie ou de la mutilation.

D’ailleurs, les applaudissements, ponctués de « We will rock you » et autres chansons / musiques, des spectateurs de tous âges (les gradins étaient tous combles) ne faisaient pas de différence selon la nationalité des archers.

Tous ont été honorés à la hauteur de leur talent comme de leur bonne humeur, et c’est vraiment très bien ainsi ; c’est l’essence même du sport qui s’est matérialisée sous nos yeux et restera ainsi gravée dans nos mémoires.

Un écran géant situé à droite des cibles permettait de visualiser en détail les gestes, les mimiques des tireurs, ainsi que les flèches plantées dans les blasons.

Quand le compteur était à l’arrêt, l’écran diffusait en alternance musique rythmée et courtes interviews de différents athlètes paralympiques.

Avant chaque match, une animation imitait le rythme cardiaque, histoire de faire monter un peu plus la pression !


Un autre affichage donnait la vitesse des flèches et du vent…en système métrique.

En d’autres termes, tout était vraiment très bien organisé, pas une minute ne passait sans qu’il y ait quelque chose à voir et / ou à entendre.

Pour la sécurité du site, d’immenses filets de protection (évalués à environ 15 mètres de hauteur) entouraient très largement le pas de tir.

Dans les tribunes, disposées en U, nous avons eu la chance de pouvoir nous placer juste derrière le pas de tir et ainsi avoir la vue la plus complète possible.

En outre, juste en-dessous de nous se trouvaient : l’allée par laquelle arrivaient les champions, la tribune du jury, des équipes, des entraîneurs, ce qui nous a permis de voir de très près les archers.

Lors des compétitions de l’après-midi (arcs à poulies), Céline avait sa tête à ras d’une enceinte et donc la musique à fond dans les oreilles…

Avec en sus de fameux coups de soleil (oui, oui, on bronze à Londres, dites !), il lui a fallu quelques deux grammes de doliprane en soirée pour évacuer un bon mal de crâne mais au moins, elle était vraiment aux premières loges !

Concluons par les résultats (or, argent, bronze) :

En arc classique, catégorie « fauteuil » :

l’Italien Oscar DE PELLEGRIN, le Malaisien Hasihin SANAWI et le Taïwanais Lung Hui TSENG ;

En arc classique, catégorie « debout » : trois Russes (ce n’était pourtant pas une compétition locale 😉 : Timur TUCHINOV (au centre), Oleg SHESTAKOV (à gauche) et Mikhail OYUN (mais lequel est-ce ?) ;

En arc à poulies, catégorie « fauteuil » :

l’Américain Jeff FABRY, le Tchèque David DRAHONINSKY et le Canadien Norbert MURPHY ;

En arc à poulies, catégorie « ouvert » :

le Finlandais Jere FORSBERG, l’Américain Matt STUTZMAN et le Turc Dogan HANCI.

Céline & Patrick